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Pour que chaque geste compte contre le cancer

12 min de lecture

Dépistage du cancer du col de l’utérus : test HPV ou examen cytologique selon l’âge

Une sage-femme explique un prélèvement de dépistage à une patiente dans un cabinet médical lumineux.

Pourquoi le dépistage du col de l’utérus est important

Le cancer du col de l’utérus se développe le plus souvent après une infection persistante par un papillomavirus humain, aussi appelé HPV. Ces virus sont très fréquents et se transmettent principalement lors de contacts sexuels, avec ou sans pénétration. Dans la majorité des cas, l’organisme élimine spontanément l’infection. Lorsqu’un HPV à haut risque persiste, il peut toutefois provoquer des modifications des cellules du col de l’utérus. Ces lésions précancéreuses peuvent évoluer lentement, parfois pendant plusieurs années, avant qu’un cancer ne se constitue.

Le dépistage vise justement à repérer une infection à HPV ou une anomalie cellulaire avant l’apparition de symptômes. Il ne s’agit pas d’un examen destiné à diagnostiquer une maladie chez une personne qui ressent déjà des signes. Des saignements après les rapports, des saignements entre les règles, des pertes inhabituelles ou des douleurs pelviennes doivent conduire à consulter, même si le dernier dépistage était normal.

En France, les recommandations de la Haute Autorité de santé et de l’Institut national du cancer distinguent deux méthodes selon l’âge. Entre 25 et 29 ans, le dépistage repose sur l’examen cytologique, souvent appelé frottis. De 30 à 65 ans, le test HPV à haut risque est utilisé en première intention. Cette distinction tient à l’histoire naturelle de l’infection et à la fréquence des infections transitoires chez les femmes plus jeunes.

Quel examen selon l’âge ?

Le calendrier de référence concerne les personnes ayant un col de l’utérus et ne présentant pas de symptômes justifiant une consultation diagnostique. Il s’applique également aux personnes vaccinées contre les HPV, car la vaccination ne protège pas contre tous les types de papillomavirus à haut risque et ne remplace pas le dépistage.

ÂgeExamen recommandéRythme habituel
25 à 29 ansExamen cytologiqueDeux examens à un an d’intervalle, puis un examen trois ans plus tard si les deux premiers sont normaux
30 à 65 ansTest HPV à haut risqueTous les cinq ans si le résultat est négatif


Le premier examen cytologique est recommandé à 25 ans. Le second est réalisé un an après. Lorsque ces deux examens ne montrent pas d’anomalie, l’intervalle est ensuite de trois ans. À partir de 30 ans, le test HPV remplace l’examen cytologique comme examen de dépistage initial. Il est répété tous les cinq ans lorsque le résultat est négatif, selon les recommandations françaises en vigueur.

Ces âges et ces intervalles sont des repères généraux. Une situation particulière peut modifier le calendrier : antécédent de lésion du col, résultat anormal, immunodépression, infection par le VIH, traitement affectant les défenses immunitaires, exposition au diéthylstilbestrol avant la naissance ou chirurgie du col. Dans ces cas, le suivi est personnalisé par un médecin ou une sage-femme.

L’examen cytologique, ou frottis du col

L’examen cytologique consiste à prélever doucement des cellules à la surface du col de l’utérus à l’aide d’un dispositif adapté. Le prélèvement est ensuite analysé en laboratoire. Le but est de rechercher des cellules présentant une anomalie, et non de détecter directement tous les HPV.

Le prélèvement est généralement réalisé lors d’un examen gynécologique. Un spéculum permet de voir le col, puis le professionnel recueille les cellules avec une petite brosse. L’acte peut être désagréable ou entraîner une gêne brève, mais il ne devrait pas être fortement douloureux. Il est possible de signaler toute douleur, appréhension ou expérience difficile afin que le professionnel adapte ses gestes et explique chaque étape.

Pour améliorer la qualité du prélèvement, il est préférable, lorsque cela est possible, de le réaliser en dehors des règles et d’éviter les rapports sexuels ainsi que l’utilisation de produits vaginaux dans les 48 heures précédentes. Ces précautions ne doivent toutefois pas conduire à reporter indéfiniment un rendez-vous. Le professionnel peut indiquer la meilleure date en fonction du cycle, d’une grossesse ou d’un traitement en cours.

Un résultat cytologique normal signifie qu’aucune anomalie cellulaire n’a été observée sur le prélèvement. Il ne garantit pas qu’aucune modification ne surviendra ultérieurement, d’où l’importance de respecter le prochain rendez-vous. Un résultat anormal ne signifie pas automatiquement la présence d’un cancer. Il peut correspondre à une anomalie mineure, à une infection ou à une lésion nécessitant un contrôle ou des examens complémentaires.

Le test HPV à haut risque après 30 ans

Le test HPV à haut risque recherche le matériel génétique de papillomavirus connus pour pouvoir favoriser des lésions du col. Le prélèvement ressemble à celui d’un examen cytologique et peut être effectué par un médecin, une sage-femme ou un autre professionnel habilité, selon le cadre de soins. Dans certaines situations et selon les dispositifs disponibles, un prélèvement vaginal réalisé soi-même peut être proposé. Il faut alors suivre précisément les instructions et vérifier si un prélèvement complémentaire est nécessaire.

Un résultat HPV négatif indique qu’aucun HPV à haut risque n’a été détecté au moment du test. Le risque de développer une lésion importante dans les années suivantes est alors faible, ce qui permet un intervalle de cinq ans avant le prochain test, sauf situation médicale particulière. Un résultat négatif ne dispense pas de consulter en cas de symptômes.

Un résultat HPV positif signifie qu’un HPV à haut risque a été détecté. Il ne permet pas, à lui seul, de dire qu’il existe une lésion précancéreuse ou un cancer. L’infection peut disparaître spontanément. La suite dépend généralement de l’examen cytologique réalisé sur le même prélèvement ou demandé ensuite. Selon le résultat, le professionnel peut proposer une surveillance à distance, un nouveau contrôle ou une colposcopie.

Cette distinction est essentielle pour éviter une interprétation anxiogène. La présence d’un HPV ne permet pas de déterminer précisément la date de l’infection, ni d’identifier avec certitude le partenaire à l’origine de la transmission. Les HPV peuvent rester silencieux pendant longtemps. Un résultat positif ne constitue donc pas une preuve d’infidélité et ne doit pas susciter de culpabilité.

Que se passe-t-il après un résultat anormal ?

La conduite à tenir dépend du type de test, du résultat détaillé, de l’âge, des antécédents et parfois du statut immunitaire. Le compte rendu du laboratoire précise habituellement la prochaine étape, mais il est important de demander une explication si le document n’est pas compris.

  • Après une cytologie anormale, un test HPV ou un examen de contrôle peut être proposé, ou une colposcopie peut être recommandée.
  • Après un test HPV positif, une cytologie réflexe peut être réalisée sur le même prélèvement si le matériel est suffisant.
  • Une colposcopie permet d’observer le col avec un appareil grossissant. Le professionnel peut effectuer une biopsie ciblée si une zone semble anormale.
  • Une lésion précancéreuse peut être surveillée ou traitée selon son grade, son évolution et les caractéristiques de la personne.

La colposcopie n’est pas une preuve de cancer. Elle sert à examiner plus précisément le col et à déterminer s’il existe une lésion nécessitant une prise en charge. Une biopsie peut provoquer de petits saignements ou une gêne temporaire. Les consignes données après l’examen doivent être respectées, notamment concernant les rapports, les tampons ou la consultation en cas de saignement important.

Il est préférable de ne pas laisser un résultat sans suite. En cas de difficulté à obtenir un rendez-vous, le médecin traitant, la sage-femme, le gynécologue ou le laboratoire peuvent aider à organiser la prochaine étape. Un proche ou un aidant peut accompagner la personne, avec son accord, notamment lorsqu’elle rencontre des difficultés de compréhension, de mobilité, de langue ou d’accès aux soins.

Comment prendre rendez-vous et faciliter l’accès au dépistage

Le dépistage peut être réalisé par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme. Certains laboratoires de biologie médicale et centres de santé proposent également le prélèvement dans les conditions prévues par la réglementation. Le choix du professionnel peut tenir compte de la confiance, de l’accessibilité des locaux, de la possibilité d’un rendez-vous adapté à un handicap et du besoin d’explications particulières.

Lors de la prise de rendez-vous, il est utile de préciser qu’il s’agit d’un dépistage du cancer du col de l’utérus et d’indiquer si un résultat précédent est disponible. Il faut également signaler une grossesse, des saignements inhabituels, une intervention récente, un traitement local ou un antécédent de lésion du col. Ces informations ne sont pas des motifs de renoncement, mais elles permettent de choisir le moment et la méthode appropriés.

Avant le rendez-vous, il peut être utile de préparer :
  • la date du dernier dépistage et son résultat, si ces informations sont connues ;
  • la liste des traitements et des antécédents importants ;
  • les questions concernant la douleur, la confidentialité, le handicap ou les modalités de suivi ;
  • les coordonnées d’une personne de confiance si un accompagnement est souhaité.

Le consentement doit être recueilli avant le prélèvement. La personne peut demander une pause, poser des questions ou interrompre l’examen. Elle peut aussi demander la présence d’un accompagnant, sous réserve des règles du lieu de soins. Les informations médicales sont couvertes par le secret professionnel.

Prise en charge, invitation et situations particulières

Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus s’adresse aux personnes concernées par la tranche d’âge recommandée. L’Assurance Maladie peut envoyer une invitation ou un rappel dans le cadre du programme national. Ne pas avoir reçu de courrier ne signifie pas que le dépistage n’est pas nécessaire : il est possible de prendre rendez-vous directement avec un professionnel habilité.

Selon les règles de l’Assurance Maladie et la situation de la personne, l’examen peut être pris en charge dans le cadre du dépistage organisé ou des soins courants. Les conditions peuvent varier selon le prélèvement, la consultation, la complémentaire santé et les droits ouverts. Le professionnel ou le laboratoire peut préciser les modalités avant l’examen. En cas de difficulté financière, il est possible de demander quelles structures de santé proposent un accès adapté ou quelles aides sont mobilisables.

La grossesse n’empêche pas toujours le dépistage, mais le moment et la méthode doivent être déterminés avec le professionnel qui suit la grossesse. Après une hystérectomie, la nécessité de poursuivre un dépistage dépend notamment du type d’intervention et des antécédents. Une personne ayant eu une lésion du col ne doit pas reprendre automatiquement le calendrier général sans avis médical.

Les personnes en situation de handicap peuvent demander des aménagements : temps de consultation plus long, salle accessible, aide au transfert, explications en langage clair ou présence d’un accompagnant. Les professionnels doivent rechercher les conditions permettant un consentement libre et compréhensible. Une difficulté de mobilité, de communication ou de compréhension ne doit pas être interprétée comme un refus de soins.

Prévention : vaccination contre les HPV et suivi régulier

La vaccination contre les HPV constitue une mesure de prévention complémentaire. Elle est particulièrement efficace lorsqu’elle est réalisée avant le début de la vie sexuelle, mais les recommandations vaccinales peuvent concerner d’autres situations et d’autres âges. Le calendrier dépend de l’âge et du contexte ; il doit être vérifié auprès d’un médecin, d’une sage-femme, d’un pharmacien ou d’un autre professionnel habilité à vacciner.

La vaccination ne supprime pas la nécessité du dépistage. Elle ne couvre pas tous les HPV à haut risque et ne traite pas une infection déjà installée. De même, l’utilisation de préservatifs réduit le risque de transmission sans l’éliminer totalement, car les HPV peuvent être présents sur des zones non couvertes. Ces mesures doivent être présentées comme des moyens de réduction du risque, non comme une garantie absolue.

Le tabac est associé à un risque accru de persistance des infections à HPV et de lésions du col. Une aide au sevrage peut être recherchée auprès d’un professionnel de santé. Les personnes immunodéprimées doivent signaler leur situation, car le suivi peut être plus rapproché. Là encore, l’objectif est d’adapter la prévention et non de culpabiliser.

Le meilleur repère reste la continuité du parcours : connaître l’âge auquel le dépistage est recommandé, conserver ses résultats, effectuer les contrôles demandés et consulter en cas de symptôme. Un résultat normal est rassurant, mais il ne remplace pas le rendez-vous suivant.

Quand consulter rapidement ?

Le dépistage concerne les personnes sans symptôme particulier. Certains signes doivent conduire à demander un avis médical sans attendre la prochaine échéance : saignement après un rapport, saignement entre les règles, règles devenues inhabituellement abondantes ou irrégulières, saignement après la ménopause, pertes vaginales inhabituelles, douleurs pendant les rapports ou douleurs pelviennes persistantes.

Ces signes ont de nombreuses causes, souvent bénignes, et ne signifient pas nécessairement qu’un cancer est présent. Ils nécessitent néanmoins un examen clinique adapté. Un test de dépistage normal effectué récemment ne doit pas conduire à ignorer des symptômes nouveaux.

En cas de saignement très abondant avec malaise, de douleur intense, de difficulté à respirer, de perte de connaissance ou de dégradation rapide de l’état général, il faut appeler le 15 ou le 112 en France. Pour une situation urgente chez une personne sourde ou malentendante, le 114 peut être utilisé par les moyens de communication prévus. En dehors de l’urgence vitale, un médecin, une sage-femme ou un service de soins peut orienter vers la consultation appropriée.

FAQ : les réponses aux questions fréquentes

Le test HPV est-il un test de cancer ?

Non. Il recherche la présence de papillomavirus à haut risque. Un résultat positif ne signifie pas qu’un cancer est présent. Il indique qu’un suivi est nécessaire pour rechercher d’éventuelles anomalies cellulaires et éviter qu’une lésion évolutive ne soit ignorée.

Pourquoi ne pas utiliser le test HPV à 25 ans ?

Avant 30 ans, les infections à HPV sont fréquentes et souvent transitoires. Utiliser le test HPV en première intention pourrait entraîner davantage de contrôles chez des personnes dont l’infection disparaîtra spontanément. C’est pourquoi les recommandations françaises privilégient l’examen cytologique entre 25 et 29 ans, avec un calendrier précis.

Faut-il se faire dépister après la vaccination ?

Oui. La vaccination réduit le risque lié à certains HPV, mais elle ne protège pas contre tous les types à haut risque. Le dépistage reste donc recommandé selon l’âge et le calendrier définis par les autorités sanitaires.

Peut-on faire le prélèvement pendant les règles ?

Il est généralement préférable de choisir une période sans règles, car le sang peut gêner l’analyse. En cas de saignements inhabituels ou persistants, il ne faut toutefois pas attendre simplement la prochaine période favorable : un avis médical est nécessaire.

Que faire si l’on a perdu son ancien résultat ?

Il faut le signaler au professionnel lors de la prise de rendez-vous. Le laboratoire ou le médecin ayant réalisé l’examen peut parfois retrouver les informations selon les règles de conservation des données. Si le résultat reste introuvable, le professionnel déterminera avec la personne la conduite la plus sûre.

Écrit par

Estelle Vauchey

Estelle Vauchey écrit sur la prévention et le dépistage des cancers en Saône-et-Loire : à qui s'adresse chaque dépistage, comment il se déroule, où se renseigner près de chez soi. Elle s'attache à répondre aux questions et aux idées reçues qui font hésiter. Ses articles donnent des repères généraux, renvoient aux sources officielles et ne remplacent pas l'avis d'un médecin.

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