Agir chaque jour : L’activité physique, un atout majeur contre les cancers du sein et colorectal en Saône-et-Loire

28 juillet 2025

Des chiffres qui parlent : Pourquoi l’activité physique est-elle si essentielle ?

En France, près de 59 000 nouveaux cas de cancer du sein et 43 000 cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année (Source : Santé Publique France, 2023). Plusieurs études récentes confirment que l’activité physique régulière peut réduire progressivement le risque :

  • Cancer du sein : une diminution du risque estimée de 20 à 25 % chez les femmes actives, particulièrement après la ménopause (American Cancer Society, 2022).
  • Cancer colorectal : chez l’adulte, le risque de développer ce cancer baisse de 15 à 24 % pour une personne physiquement active versus sédentaire (INCa, 2021).

En Saône-et-Loire, 12,2 % des décès sont imputables à des cancers, avec une surmortalité légèrement supérieure à la moyenne nationale pour ces deux localisations (Observatoire régional de la santé Bourgogne-Franche-Comté, 2022). La prévention par le mouvement mérite donc toute notre attention, d’autant que 1 habitant sur 3 déclare ne pas atteindre le minimum d’activité préconisé (Baromètre santé régional, 2023).

L’impact de l’activité physique sur le corps et le risque de cancer

Marcher, jardiner, danser, ou nager : l’impact du mouvement régulier ne se limite pas à la silhouette ou à l’énergie du quotidien. Plusieurs mécanismes protecteurs sont aujourd’hui bien identifiés par les chercheurs :

  • Régulation hormonale : Activité physique et modération du surpoids permettent de limiter la production d’œstrogènes, impliqués dans la survenue de certains cancers du sein.
  • Réduction de l’inflammation : L’exercice physique apaise l’inflammation chronique de bas grade, facteur aggravant pour le cancer colorectal.
  • Optimisation du transit intestinal : Bouger favorise le bon fonctionnement du côlon, limite le temps de contact entre substances potentiellement cancérigènes et la muqueuse intestinale.
  • Renforcement du système immunitaire : Lutter contre la sédentarité améliore la surveillance immunitaire contre les cellules anormales.

Même les activités de la vie quotidienne, pourvu qu’elles soient régulières, participent à ce cercle vertueux. Le Professeur Martine Duclos, spécialiste de l’activité physique et de la prévention, rappelle que « chaque mouvement compte, accumulé tout au long de la semaine » (Table ronde INCa 2022).

Quelle quantité d’activité physique privilégier ? Les recommandations adaptées

Les recommandations officielles se veulent réalistes, accessibles à toutes et tous, quelle que soit la condition physique initiale :

  • Pour les adultes (18-64 ans) : Au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine (par exemple, 30 minutes de marche rapide 5 jours sur 7).
  • Pour les plus de 65 ans : Privilégier également le travail de l’équilibre et du renforcement musculaire, selon ses capacités.
  • Pour les personnes en situation de handicap ou atteintes de maladies chroniques : Adapter la pratique, mais ne jamais hésiter à demander conseil auprès d’un professionnel de santé formé (ex : Maison Sport Santé, réseau des maisons de santé pluriprofessionnelles).

Source : HAS, Santé Publique France, 2022

L’Institut National du Cancer recommande également de réduire au maximum le temps passé assis d’un seul tenant : se lever régulièrement, marcher pendant une courte pause ou utiliser l’escalier sont déjà des progrès significatifs.

Les spécificités en Saône-et-Loire : s’activer près de chez soi, c’est possible

Initiatives locales, sentiers balisés, associations sportives ou dispositifs adaptés : la Saône-et-Loire regorge d’opportunités pour bouger à son allure. Quelques chiffres et repères marquants :

  • Près de 900 associations sportives sont recensées sur le territoire, couvrant des activités aussi variées que la randonnée, le yoga, le vélo ou la danse (CDOS 71, 2023).
  • Plus de 2 800 kilomètres d’itinéraires balisés de randonnées pédestres et cyclistes (dont la Voie Verte et la Voie Bleue, reconnues au plan national).
  • Les « Marches Bleues » et ateliers « Activité physique adaptée » organisés par certains centres sociaux, clubs seniors et réseaux de santé à Mâcon, Chalon-sur-Saône, Montceau ou Autun.
  • Des dispositifs pour les personnes en traitement ou en rémission, grâce au programme « Onco’Sport Santé Bourgogne », qui propose des séances encadrées par des éducateurs spécialisés.

De nombreuses initiatives, portées par les collectivités et les associations, permettent ainsi de (re)trouver confiance en ses mouvements même après une période d’inactivité ou en présence de maladies chroniques.

Lutter contre la sédentarité : pas besoin d’être un(e) athlète !

Manque de temps, fatigue, douleurs articulaires, météo capricieuse : à chaque frein son astuce. Les habitudes protectrices se construisent à petites doses :

  1. Privilégier la marche au quotidien : Descendre du bus un arrêt avant, promener le chien un peu plus longtemps, faire une balade digestive après le repas.
  2. Mettre de l’activité dans ses loisirs : Jardiner, bricoler, jouer avec ses enfants ou petits-enfants, danser lors des fêtes de village.
  3. S’engager avec un(e) proche : Trouver un partenaire de marche, rejoindre un groupe local (ex : clubs de randonnée très présents en Saône-et-Loire).
  4. Bouger au travail : Prendre les escaliers, faire de courtes pauses actives pour s’étirer ou marcher pendant les appels téléphoniques.

Le plus important est de se fixer des objectifs réalistes, de donner du sens à ses efforts, et de se récompenser des progrès : la régularité compte plus que l’intensité de départ. Selon une étude de la Fondation ARC 2022, même 10 minutes de marche supplémentaire par jour apportent déjà un bénéfice mesurable.

Des barrières à l’action… et des solutions inspirantes

Trop souvent, certaines idées reçues freinent le passage à l’action, en particulier chez les publics les plus exposés aux cancers.

  • « Je ne suis pas sportif(ve), ce n’est pas pour moi » : L’activité physique adaptée commence là où chacun se sent capable, même assis (exercices d’étirement, petits mouvements, jeux avec les enfants).
  • « Il est trop tard pour commencer » : Les bénéfices sont visibles à tout âge, même après une reprise tardive de l’activité (Etude EPIC, 2017).
  • « J’habite en milieu rural, il n’y a rien près de chez moi » : Les groupes de marche ruraux et les itinéraires de campagne se multiplient, et certaines communautés de communes proposent des ateliers mobiles à la demande.
  • « Je souffre de douleurs » : Il existe des programmes « activité physique sous prescription » adaptés par les kinésithérapeutes, ergothérapeutes ou éducateurs spécialisés, en partenariat avec les médecins traitants.

D’ailleurs, le département a lancé en 2023 une campagne intitulée « 10 000 pas vers la prévention », incitant habitants et collectivités à s’entraider à bouger par petits défis ludiques (appli mobile et événements locaux à la clé).

Combiner activité et dépistage pour une prévention optimale

Si l’activité physique constitue un puissant bouclier, elle ne remplace pas les autres armes de la prévention comme les campagnes de dépistage organisé : mammographies (cancer du sein) dès 50 ans, tests immunologiques (cancer colorectal) de 50 à 74 ans. Pourtant, on constate que les personnes actives sont souvent aussi celles qui participent davantage au dépistage, selon une enquête nationale de 2022 (L’Assurance Maladie).

  • Se rappeler des rendez-vous clés : Mise à disposition de calendriers de suivi dans de nombreuses maisons de santé du département.
  • S’informer et se faire accompagner : Les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmières) sont à l’écoute pour expliquer l’intérêt combiné d’une hygiène de vie active et du dépistage.
  • Oser discuter avec ses proches : Parler ouvertement de ses démarches, rejoindre des groupes d’entraide qui valorisent autant la parole que le mouvement.

Allier activité physique et dépistage, c’est mettre toutes les chances de son côté pour repérer tôt, voire éviter, la survenue des cancers du sein ou colorectal.

Où trouver de l’aide et passer à l’action en Saône-et-Loire ?

  • Maison Sport Santé Saône-et-Loire : Orientation, bilans personnalisés, ateliers gratuits ou à tarif adapté.
  • CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé) : Relais locaux pour l’activité physique adaptée et la prévention.
  • Plateformes de prévention départementales : Événements réguliers, guides, application « Bouger 71 » pour recenser les activités dans le département.
  • Mairies, centres sociaux et clubs sportifs : Renseignements sur les pratiques accessibles à tous (randonnée, marche nordique, ateliers santé…).

Les professionnels de santé jouent également un rôle moteur pour encourager une reprise adaptée et durable de l’activité physique.

Perspectives et nouveaux élans

L’activité physique reste, pour la prévention des cancers du sein et colorectal, l’une des plus puissantes protections à la portée de chacun. Son efficacité est désormais largement démontrée, y compris dans notre département. Saône-et-Loire se mobilise à travers des réseaux et dispositifs de proximité pour que chaque habitant, quel que soit son âge ou son mode de vie, trouve le moyen de bouger plus et mieux.

Élargir l’accès, lever les freins et rendre le mouvement facile, joyeux et accessible : c’est l’une des clés d’une région en meilleure santé. Prendre soin de soi commence souvent par un premier pas… à portée de main, de cœur, et de territoire.

Sources principales : Santé Publique France, Observatoire régional de la santé Bourgogne-Franche-Comté, INCa, Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, CDOS 71, Assurance Maladie, HAS, American Cancer Society.

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