Agir à Saône-et-Loire : Pourquoi (et comment) l’activité physique protège du cancer du sein et colorectal

18 septembre 2025

Comprendre le lien entre activité physique et prévention des cancers

Depuis plus de vingt ans, un consensus international s’est formé sur l’importance de l’activité physique dans la prévention des cancers. Les preuves scientifiques sont aujourd’hui robustes : bouger régulièrement protège, en particulier contre le cancer du sein et le cancer colorectal.

Selon l’Institut National du Cancer (INCa), près de 20 % des cancers du sein et 13 % des cancers colorectaux pourraient être évités en agissant sur nos modes de vie, notamment grâce à l’activité physique (INCa). Pourtant, en Saône-et-Loire, comme ailleurs, de nombreux habitants sous-estiment encore cet impact… et l’intégration du mouvement au cœur du quotidien reste un défi.

Parlons chiffres : quelle incidence en Saône-et-Loire ?

Le département de Saône-et-Loire est particulièrement concerné par ces deux pathologies :

  • Cancer du sein : Entre 2020 et 2023, environ 250 à 300 nouveaux cas sont détectés chaque année chez les femmes du territoire (source : Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers - Bourgogne-Franche-Comté).
  • Cancer colorectal : Près de 350 nouveaux cas annuels chez l’adulte, hommes et femmes confondus (données ARS Bourgogne-Franche-Comté).
  • Surpoids et sédentarité : Selon l’ORS Bourgogne-Franche-Comté, près d’un adulte sur deux en Saône-et-Loire est en situation de surpoids ou obésité en 2021, et plus de 40 % déclarent ne pas pratiquer régulièrement d’activité physique.

Ces chiffres révèlent l’ampleur de l’enjeu local : mieux intégrer le mouvement dans nos vies, c’est agir concrètement pour limiter nos risques.

Comment l’activité physique diminue-t-elle le risque de cancers ?

Les mécanismes protecteurs de l’activité physique contre les cancers sont multiples – et dépassent le simple contrôle du poids. Voici les principaux leviers aujourd’hui bien identifiés :

  • Régulation hormonale : L’activité physique régulière aide à réduire la production d’hormones telles que les œstrogènes, liés à un risque accru de cancer du sein chez la femme après la ménopause (source : Ligue contre le Cancer).
  • Diminution de l’inflammation chronique : Les efforts physiques modérés limitent les phénomènes inflammatoires de bas grade, impliqués dans le développement de nombreux cancers.
  • Réduction de l’insulinorésistance : Une activité physique régulière améliore la sensibilité à l’insuline, ce qui contribue à diminuer le niveau de certains facteurs de croissance impliqués dans la prolifération cellulaire.
  • Effet sur le transit intestinal : Bouger quotidiennement stimule le transit, réduisant la durée d’exposition du côlon à des substances cancérogènes, ce qui explique un effet particulièrement marqué sur la prévention du cancer colorectal.
  • Effets sur le système immunitaire : L’activité physique contribue à renforcer la détection et l’élimination des cellules anormales par l’organisme.

Des recherches récentes montrent que 150 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée (soit environ 30 minutes, 5 fois par semaine) suffisent à réduire significativement le risque de développer ces cancers chez l’adulte (OMS).

Quels sont les effets observés spécifiquement sur le cancer du sein ?

  • Après la ménopause : Une méta-analyse européenne (European Code Against Cancer, 2019) estime à 15 à 25 % la baisse du risque du cancer du sein chez les femmes les plus actives physiquement par rapport aux plus sédentaires. Plus l’activité est régulière et commencée tôt, plus les bénéfices sont importants.
  • Avant la ménopause : L’effet protecteur existe, mais reste un peu moindre (environ 10 à 15 % de baisse de risque), probablement du fait de l’impact hormonal différencié selon les âges.
  • Influence du surpoids : L’effet bénéfique de l’activité physique demeure, même en présence de surpoids : bouger protège, quel que soit l’IMC de départ (source : Cancer-Environnement.fr).

Attention : toutes les activités sont bonnes à prendre (marche, vélo, jardinage, danse, etc.), pourvu qu’elles soient pratiquées régulièrement et à une intensité qui accélère légèrement la respiration.

Quels effets sur le risque de cancer colorectal ?

La littérature médicale est également claire : chez l’adulte, la pratique régulière réduit de façon significative la survenue du cancer du côlon (et dans une moindre mesure, du rectum).

  • Réduction du risque : Les études internationales évaluent le bénéfice à -20 à -25 % de cancers colorectaux chez les plus actifs, comparativement aux personnes très sédentaires (American Cancer Society, World Cancer Research Fund – 2020).
  • Effet renforcé chez les hommes : L’effet protecteur est légèrement plus prononcé chez l’homme que chez la femme, même si chacun bénéficie.
  • Action préventive sur les polypes : L’activité physique limite la survenue des polypes intestinaux (lésions précancéreuses), ce qui explique en partie l’impact observé sur le cancer invasif.

En pratique, toutes les formes d’exercice sont bénéfiques, mais les activités d’endurance (marche active, natation, vélo, etc.) semblent particulièrement efficaces.

Bouger, oui… mais combien de temps et comment ?

L’OMS et l’INCa recommandent pour les adultes :

  • Minimum : 150 minutes/semaine d’activité physique modérée (ou 75 min/semaine si l’activité est intense).
  • Fractionner la pratique (par exemple 30 minutes, 5 jours sur 7) permet de tenir sur la durée.
  • Toutes les occasions comptent : marcher pour faire ses courses, monter les escaliers, jardiner, jouer avec les enfants…
  • S’entourer : Rejoindre un groupe de marche locale ou s’inscrire à une activité adaptée booste la motivation.

À noter : ce qui compte, c’est la régularité et non la performance : l’activité physique ne se limite pas au sport intensif.

Lever les freins : pourquoi l’activité physique reste encore insuffisante en Saône-et-Loire ?

De nombreux facteurs expliquent la relative sous-pratique dans le département :

  • Ruralité et distances : Le territoire est vaste, et l’accès à des structures sportives ou à des associations actives peut être difficile selon la localisation
  • Vieillissement démographique : Une proportion importante de la population a plus de 60 ans, or l’appréhension de la mobilité ou la peur de se blesser limitent parfois l’engagement.
  • Coût et accès : Même si de nombreuses activités sont gratuites (marche, vélo d’occasion, gym douce...), certains freins subsistent.
  • Poids des habitudes : De nombreux habitants pensent que l’activité physique “n’est plus pour eux” après 50 ans, ce qui est une idée reçue puissante à contrer.

Astuces concrètes pour intégrer de l’activité physique au quotidien en Saône-et-Loire

  • Marchés et balades locales : Organisée dans la majorité des bourgs, la marche à pied peut devenir un rituel : trajet pour aller chercher son pain, promenade entre amis, randonnée familiale.
  • Associations sport-santé : Plus de 40 associations du département proposent une activité adaptée accessible à tout âge et toute condition (Pôle Reperk BFC).
  • Parcours balisés : De nombreuses communes rurales affichent désormais des circuits accessibles pour allier découverte du patrimoine et activité physique douce.
  • Initiatives de proximité : Depuis 2021, le dispositif “Prescri’mouv” permet à des médecins généralistes ou infirmiers de prescrire une activité adaptée, encadrée par un éducateur formé.
  • Marcher, danser, bouger chez soi : Les outils numériques (ex : vidéos “Moov’Cancers” de la Ligue contre le cancer, applications gratuites) facilitent les exercices à domicile.

À retenir : aucune pratique n’est “trop petite” ou dérisoire : chaque pas compte dans la prévention.

Mieux s’informer, mieux agir : ressources utiles et adresses locales

  • Informations nationales : INCa ; Ligue contre le cancer
  • En Saône-et-Loire :
    • Pôle Santé Saône-et-Loire : coordonne la prévention sport-santé
    • CRES BFC : répertoire des associations d’activité physique adaptée du département
    • Mairies, CCAS et Maisons de santé : informent sur les programmes locaux ouverts à tous
  • Professionnels relais : Votre médecin traitant, infirmier.e, kinésithérapeute ou pharmacie peuvent vous orienter vers des ateliers adaptés selon votre état de santé.

Pistes d’action pour la Saône-et-Loire

Investir dans l’activité physique, c’est miser sur un levier collectif pour réduire l’incidence des cancers du sein et colorectal sur le territoire. Soutenir et relayer les initiatives, encourager chacun à bouger selon ses envies, ses capacités, et à chaque moment de la vie, permet d’avancer ensemble vers une santé plus robuste et accessible à tous.

En savoir plus à ce sujet :