Réduire les risques de cancer du sein et colorectal : agir sur les facteurs modifiables en Saône-et-Loire

21 juillet 2025

L’alimentation : un levier tangible face aux cancers colorectal et du sein

L’alimentation joue un rôle clé dans la prévention des cancers, notamment du sein et colorectal. Selon Santé Publique France, près de 20% des nouveaux cancers seraient liés à de mauvaises habitudes alimentaires. En Saône-et-Loire, territoire marqué par une gastronomie locale riche et la présence de produits du terroir, ces questions résonnent d’autant plus.

Les fibres, alliées du côlon

  • Une consommation élevée de fibres (présentes dans les fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes) réduit le risque de cancer colorectal. L’OMS préconise 25 à 30g de fibres par jour, alors qu’en France la consommation moyenne est d’environ 17g (source : INCA3, 2017).
  • Les fibres favorisent un transit régulier, réduisant le contact des substances potentiellement cancérigènes avec la paroi intestinale.

Limiter la viande rouge et la charcuterie

  • La consommation excessive de viandes rouges (bœuf, porc, agneau…) et de charcuterie est associée à une augmentation du risque de cancer colorectal (source : Circ/IARC, OMS).
  • L’Agence nationale de sécurité sanitaire recommande de ne pas dépasser 500g de viande rouge cuite par semaine, et 150g de charcuterie par semaine.

Le gras et le sucré, à surveiller

  • Une alimentation riche en graisses saturées et en sucres est souvent liée à un risque aggravé en raison de leur impact sur le poids et l’équilibre hormonal, surtout chez les femmes ayant eu la ménopause (source : Institut National du Cancer, 2022).

Spécificités locales

  • La Saône-et-Loire dispose d’atouts : de nombreux marchés locaux, Amap, maraîchers et circuits courts qui facilitent l’accès aux produits frais.
  • Les repas traditionnels (œufs en meurette, charcuteries locales…) sont à moduler pour privilégier une alimentation riche en végétaux du terroir : pommes, choux, céréales anciennes.

L’activité physique : une protection scientifiquement prouvée

Selon l’INCa, l’activité physique régulière réduit le risque de cancer colorectal de 15 à 20%, et celui du sein (post-ménopause) de 20 à 25%. Pourtant, dans la région Bourgogne-Franche-Comté, près de 40% des adultes n’atteignent pas le seuil recommandé (INCa, 2022).

  • La recommandation officielle est de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique modérée par jour (marche rapide, vélo, jardinage dynamique, natation, etc.).
  • L’exercice agit positivement sur l’immunité, la régulation hormonale et le transit digestif.
  • Les villes comme Chalon-sur-Saône ou Mâcon offrent des infrastructures (pistes cyclables, équipements sportifs municipaux) permettant d’intégrer plus facilement l’activité physique à son quotidien.
  • La pratique ne se limite pas au sport : privilégier l’escalier à l’ascenseur, descendre du bus un arrêt plus tôt, faire du vélo pour aller chercher son pain… sont autant de façons simples de bouger plus chaque jour.

L'alcool : réduire pour protéger

La Saône-et-Loire est une région viticole réputée (notamment avec le Mâconnais ou la Côte Chalonnaise), ce qui rend la question de l’alcool particulièrement sensible localement. Pourtant, la recherche est sans appel : chaque verre d’alcool augmente le risque de cancer du sein et colorectal, même à faibles doses.

  • L’alcool, même en quantité modérée, favorise l’apparition de cancers en altérant l’ADN des cellules et en augmentant la production d’œstrogènes chez la femme (source : Ligue contre le Cancer).
  • Dans les faits, l’alcool serait responsable de 15% des cancers du sein et 8% des cancers colorectaux chaque année en France (Santé Publique France, 2023).
  • La recommandation officielle actuelle : pas plus de deux verres d’alcool par jour et pas tous les jours, mais le risque n’est jamais nul au-dessous de ce seuil.

Le tabac : un risque souvent sous-estimé

Le tabac est surtout associé au cancer du poumon, mais il augmente également le risque de cancer colorectal et, dans une moindre mesure, du sein. En Saône-et-Loire, on note que 27% des adultes sont fumeurs réguliers selon les dernières données régionales Santé Publique France (2022).

  • Le tabagisme favorise l’inflammation chronique, modifie l’ADN et perturbe l’équilibre hormonal, autant de mécanismes impliqués dans la genèse des cancers.
  • Pour le cancer colorectal, fumer accroît le risque de polypes précancéreux et d’apparition de tumeurs.
  • Pour le cancer du sein, l’impact du tabac concerne surtout les jeunes femmes et les fumeuses de longue durée.

L’arrêt du tabac reste l’un des leviers les plus efficaces de la prévention générale contre le cancer.

Le surpoids et l’obésité : une vigilance accrue nécessaire

En France, plus de 30% des adultes sont en surpoids, et 17% en situation d’obésité (Source : ObEpi-Roche, 2020). En Saône-et-Loire, ce taux est même légèrement supérieur à la moyenne nationale (Estimation CPAM, 2021), avec des territoires ruraux plus touchés.

  • Le surpoids et l’obésité augmentent le risque de cancer du sein (après la ménopause) et colorectal en favorisant l’inflammation locale et en stimulant les hormones impliquées (œstrogènes, insuline).
  • L’impact est particulièrement marqué après la ménopause (risque de cancer du sein multiplié par 1,5 à 2 selon certaines études internationales).
  • Un excès de poids accentue aussi le risque de forme grave ou de récidive après traitement.
  • Perdre 5 à 10% de son poids initial peut déjà avoir un effet protecteur significatif (American Cancer Society, 2021).

Polluants environnementaux et expositions locales : des questions émergentes

Les polluants environnementaux (pesticides, perturbateurs endocriniens, pollution de l’air intérieur, produits ménagers, etc.) sont désormais considérés comme des facteurs aggravants possibles des cancers. Leur rôle dans l’épidémiologie locale reste à préciser, mais des données existent :

  • La Saône-et-Loire étant un département agricole et viticole, l’exposition professionnelle à certains pesticides pose question, notamment chez les travailleurs agricoles (source : étude Agrican, Inserm, 2022).
  • Les molécules comme les PCB, solvants, hydrocarbures, peuvent avoir un effet perturbateur hormonal indirect, surtout sur le cancer du sein.
  • L’exposition domestique (désodorisants, peintures, plastiques alimentaires chauffés…) s’ajoute aux expositions extérieures, et la vigilance est recommandée, même si aucune étude n’a pu chiffrer le risque localement avec précision à ce jour.

Conseils pratiques pour diminuer les facteurs de risque au quotidien

  • Adopter une alimentation majoritairement végétale, diversifiée et locale, en donnant la priorité aux fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, tout en limitant viande rouge et charcuterie.
  • Privilégier les circuits courts, les produits bio ou issus d'agriculteurs engagés dans des démarches de réduction des pesticides, facile à repérer grâce au label “Haute Valeur Environnementale”.
  • Intégrer plus de mouvements au jour le jour : 30 minutes de marche rapide, vélo ou toute activité appréciée, chaque jour (ou au moins 5 jours/semaine).
  • Limiter au maximum la consommation d’alcool, en se fixant des jours « sans alcool » réguliers, même pour les fêtes ou occasions familiales.
  • Solliciter un accompagnement pour l’arrêt du tabac auprès d’un médecin, pharmacien ou tabacologue (programmes gratuits disponibles via l’Assurance Maladie ou Tabac Info Service).
  • Surveiller régulièrement son poids en consultant un professionnel de santé au moindre doute, car une augmentation progressive peut passer inaperçue.
  • Aérer souvent son logement, utiliser des produits ménagers porteurs du label écologique, limiter l’usage de plastiques chauffés pour le micro-ondes.
  • Être attentif aux messages de prévention locale et participer aux campagnes de dépistage organisées gratuitement par les organismes partenaires.

Agir en Saône-et-Loire : des ressources et du soutien

La prévention est un effort collectif. En Saône-et-Loire, de nombreux dispositifs peuvent accompagner les habitants :

  • Les centres d’examens de santé de l’Assurance Maladie pour faire le point sur ses facteurs de risque.
  • Le réseau OncoBourgogne et La Ligue contre le Cancer pour des ateliers, conférences ou soutien à la modification des habitudes de vie.
  • Les maisons sport-santé présentes dans le département pour commencer ou reprendre une activité physique adaptée en toute sécurité.
  • Les campagnes de dépistage organisé accessibles à toutes et tous à partir de 50 ans pour les cancers du sein et colorectal.
  • Les professionnels de santé locaux (pharmaciens, infirmiers, médecins de famille) pour dialoguer, recevoir des conseils et s’orienter si besoin.

Chaque petit pas compte dans la prévention du cancer, et c'est souvent la succession de changements modestes, intégrés à son quotidien, qui fait la différence sur la durée. Le message est clair : en Saône-et-Loire aussi, chacun peut reprendre la main sur sa santé dès aujourd’hui en s’informant et en agissant.

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