Agir chaque jour : prévention du cancer du sein et colorectal par l’hygiène de vie et l’alimentation en Saône-et-Loire

21 août 2025

Comprendre les enjeux : pourquoi la prévention locale des cancers du sein et colorectal mérite toute notre attention ?

Dans le département de Saône-et-Loire, la santé publique s’attache à deux problématiques majeures : le cancer du sein et le cancer colorectal. Ces deux types de cancer font partie des plus fréquents chez l’adulte en France – le cancer du sein étant le cancer le plus répandu chez la femme (un peu moins de 60 000 nouveaux cas par an en France, selon l’Institut National du Cancer) et le cancer colorectal l’un des plus courants chez l’homme comme chez la femme (environ 43 000 nouveaux cas par an). En Bourgogne-Franche-Comté, la mortalité liée à ces deux cancers est légèrement supérieure à la moyenne française, selon l’Observatoire Régional de Santé. Au-delà du dépistage, les facteurs de risque modifiables – alimentation, activité physique, consommation d’alcool, tabac – jouent un rôle crucial dans la prévention. Pourtant, ces leviers sont encore sous-exploités dans la région : selon une enquête publiée par Santé publique France en 2023, moins de 30% des habitants de Saône-et-Loire déclarent consommer 5 portions de fruits ou légumes par jour, et le taux de surpoids y dépasse 54% chez les adultes. L’objectif ici est de donner des repères précis et des conseils adaptés à notre territoire pour que chacun puisse agir concrètement.

Facteurs de risque et de protection : que dit la science ?

Une large part des cancers du sein et colorectal n’est pas due à la génétique mais à l’environnement et au mode de vie. Selon le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), autour de 40% des cancers pourraient être évités par une modification des comportements (Source : INCa). Parmi ces comportements, l’alimentation et l’activité physique occupent une place de choix.

  • Cancer du sein : En dehors des facteurs hormonaux et du vieillissement, le surpoids, la consommation d’alcool et le manque d’activité physique sont reconnus comme augmenteurs du risque.
  • Cancer colorectal : Il existe une relation directe entre le risque de cancer colorectal et la consommation excessive de viandes rouges et de charcuteries, la sédentarité, l'obésité, et l’excès d’alcool.

Au contraire, une alimentation riche en fibres, fruits, légumes et légumineuses, associée à une consommation modérée voire nulle d’alcool, protège de ces cancers. Depuis 2015, la recommandation officielle française pour tous ces cancers est d’avoir une alimentation variée et équilibrée et de pratiquer au moins 30 minutes d'activité physique d’intensité modérée par jour (Ministère de la Santé / INCa).

Alimentation : leviers concrets pour réduire les risques

Les aliments protecteurs

  • Fruits et légumes : Le Programme National Nutrition Santé (PNNS) recommande au moins 5 portions par jour (environ 400 g), ce qui réduit le risque de cancer colorectal de 20% selon une synthèse de méta-analyses (Harvard School of Public Health).
  • Fibres alimentaires : Issues des céréales complètes, légumes secs, elles protègent la muqueuse intestinale. Les personnes consommant plus de 30g de fibres par jour ont 22% de risque en moins de développer un cancer colorectal (CIRC, 2018).
  • Légumineuses : Lentilles, pois chiches, haricots : elles sont riches en fibres, protéines végétales, vitamines B9 et minéraux protecteurs.

Les aliments ou modes de vie à limiter

  • Viandes rouges et charcuteries : La surconsommation (plus de 500g/semaine de viandes rouges, ou plus de 150g/semaine de charcuteries) est associée à une augmentation de 18% du risque de cancer colorectal (Source : Rapport INCa 2022).
  • Alcool : Chaque verre additionnel par jour augmente de 7 à 10% le risque de cancer du sein (ARC, 2022). En Bourgogne-Franche-Comté, la consommation d’alcool est supérieure à la moyenne nationale (Santé publique France).
  • Aliments ultra-transformés : Plusieurs études françaises (NutriNet-Santé, Inserm) suggèrent que pour 10% d’aliments ultra-transformés en plus dans l’alimentation, le risque de cancer global augmenterait de 12%. Ces produits contiennent souvent des sucres, graisses et additifs néfastes.

La région Saône-et-Loire, riche en agriculture, offre un accès direct à des produits frais et locaux : légumes de saison, noix du Charolais, fruits des vergers du Chalonnais, lentilles et pois produits localement. Saisir cette opportunité, c’est aussi soutenir le tissu agricole local tout en préservant sa santé.

Poids, activité physique et prévention : agir au quotidien

Le maintien d’un poids santé et la pratique d’une activité physique régulière agissent à plusieurs niveaux : réduction des inflammations chroniques, régulation hormonale, équilibre de la flore intestinale.

  • Poids : Surpoids et obésité augmentent le risque de cancer du sein (particulièrement après la ménopause) et colorectal. En Saône-et-Loire, 1 adulte sur 2 est en surpoids. Agir même modestement – perdre 5% de son poids corporel si le surpoids est important – diminue significativement les risques.
  • Exercice physique : 30 minutes de marche rapide, vélo ou natation par jour, ou 1 heure 3 fois par semaine, permet de réduire de 40% le risque de cancer du côlon (CIRC). Le PNNS préconise aussi de limiter la sédentarité par de petits gestes : choisir les escaliers, jardiner, privilégier les déplacements à vélo ou à pied.

Focus Saône-et-Loire : initiatives locales

  • Lieux ressources : Plusieurs Maisons Sport-Santé accompagnent les habitants pour (re)mettre en route une activité adaptée, quel que soit l’âge ou la condition physique (liste disponible sur sports.gouv.fr).
  • Marchés locaux, AMAP : De nombreuses associations locales (par exemple, la Ferme des 9 Chemins) proposent des paniers hebdomadaires frais et de saison, permettant une alimentation saine et variée, à prix maîtrisé.
  • Ateliers cuisine santé : Plusieurs structures (Centres sociaux, Ligue contre le cancer 71, etc.) proposent toute l’année des ateliers pratiques pour apprendre à cuisiner sainement avec les produits locaux.

Lever les obstacles : accompagner le changement sans culpabiliser

Changer ses habitudes n’est pas toujours facile. En Saône-et-Loire, la ruralité, l’isolement de certains villages, ou la précarité rendent parfois plus difficile l’accès à une alimentation variée ou à des activités physiques organisées. Mais chaque petit pas compte.

  • Adopter une démarche progressive : Commencer par ajouter une portion de légumes à chaque repas, puis essayer de remplacer une viande rouge par une protéine végétale (lentilles, pois cassés) une fois par semaine.
  • Privilégier les initiatives collectives : Marcher en groupe, cuisiner en famille ou participer à des ateliers santé sont des leviers pour ancrer durablement ces changements.
  • Oser demander conseil : Les professionnels de santé, diététiciens, infirmiers des centres de prévention, sont autant de ressources accessibles dans le département pour soutenir ces démarches.

Le plus important est de ne pas viser la perfection mais le progrès, en se donnant le droit d’avancer à son rythme, dans le respect de son histoire et de ses possibilités.

Questions fréquentes sur l’alimentation, l’activité physique et le cancer : réponses pour agir en Saône-et-Loire

  • Existe-t-il des aliments “anticancer” ? Aucun aliment ne “protège” totalement, mais un ensemble d’habitudes alimentaires favorables diminue le risque global. Miser sur la diversité et la simplicité reste la meilleure approche.
  • Si je n’ai pas le temps de cuisiner, que puis-je faire ? Prioriser les produits bruts faciles à préparer : crudités, légumes surgelés, conserves naturelles sans sucres ni sel ajoutés, fruits locaux. Le panier de saison et le batch-cooking (cuisine en avance) peuvent constituer des solutions concrètes.
  • Dois-je bannir définitivement la viande rouge ? Non, mais il est conseillé de limiter sa consommation à 500g par semaine, et de varier avec des sources de protéines végétales, poissons, volailles.
  • L’hygiène de vie suffit-elle à prévenir le cancer ? Non, mais elle en diminue fortement le risque. Le dépistage (mammographie, test immunologique) reste indispensable pour détecter tôt et agir rapidement.

Aller plus loin : ressources et acteurs pour vous accompagner en Saône-et-Loire

Prendre soin de sa santé, c’est d’abord croire à la valeur des gestes simples répétés jour après jour. En Saône-et-Loire, l’accès à des produits locaux et à des ressources de proximité permet à chacun d’avancer, pas à pas, dans la prévention active des cancers du sein et colorectal.

Sources principales : Institut National du Cancer, Santé publique France, Observatoire Régional de la Santé Bourgogne, Ligue contre le cancer, ARC, INRAE, Programme National Nutrition Santé, Harvard School of Public Health, CIRC/IARC.

En savoir plus à ce sujet :