Sédentarité et cancers du sein et colorectal : comprendre les risques et agir en Saône-et-Loire

28 septembre 2025

Un mode de vie sédentaire, un enjeu croissant en Saône-et-Loire

En Saône-et-Loire comme ailleurs, le mode de vie moderne favorise l’inactivité physique, un phénomène qui inquiète de plus en plus les professionnels de santé. Télétravail, déplacements motorisés, loisirs numériques : les occasions de rester assis de longues heures ne manquent pas. Mais au-delà du confort matériel, un risque silencieux s’installe, impactant directement la santé et, plus particulièrement, le risque de développer certains cancers, à commencer par ceux du sein et du côlon-rectum.

Il est important de bien comprendre ce qu’on appelle la sédentarité : il s’agit de tout comportement caractérisé par une dépense énergétique faible en position assise ou allongée pendant la période d’éveil, et ce, indépendamment de la pratique d’une activité physique le reste du temps (Santé Publique France).

À l’échelle départementale, des données récentes indiquent qu’en Bourgogne-Franche-Comté, dont fait partie la Saône-et-Loire, seulement 58 % des adultes atteignent les niveaux d’activité physique recommandés par l’OMS, et une personne sur cinq se déclare principalement sédentaire (Observatoire régional de la santé BFC, 2021).

Quels cancers sont concernés ?

La recherche scientifique est claire : la sédentarité est associée à une augmentation du risque de développer plusieurs cancers. Deux types de cancers se démarquent particulièrement :

  • Le cancer du sein, chez la femme post-ménopausée
  • Le cancer colorectal, chez l’homme comme chez la femme, quel que soit l’âge adulte

Selon l’Institut National du Cancer (INCa), plus de 1 000 nouveaux cas de cancers du sein et du côlon pourraient être évités chaque année en France simplement en réduisant la sédentarité.

Pourquoi la sédentarité favorise-t-elle ces cancers ?

Les mécanismes en jeu

Rester assis de longues heures agit insidieusement sur l’organisme. Les chercheurs identifient plusieurs processus biologiques qui expliquent pourquoi la sédentarité est problématique :

  • Inflammation chronique : l’inactivité augmente certains marqueurs inflammatoires, or l’inflammation chronique favorise l’apparition et la progression tumorale (Study: Physical activity and cancer risk).
  • Modification hormonale : après la ménopause, la production d’œstrogènes par le tissu adipeux (notamment en cas de prise de poids liée à la sédentarité) augmente le risque de cancer du sein.
  • Résistance à l’insuline : la sédentarité perturbe le métabolisme du sucre et favorise un taux d’insuline élevé à long terme, ce qui stimule indirectement la croissance de cellules cancéreuses, notamment au niveau colorectal.
  • Altération du transit digestif : le manque de mouvement ralentit la progression du bol alimentaire, entraînant une exposition prolongée de la muqueuse du côlon à d’éventuels composés cancérogènes présents dans l’alimentation.

Données chiffrées et preuves épidémiologiques

  • Plus de 13 études de cohorte internationales montrent qu’un temps passé assis supérieur à 8 heures par jour accroît de 17 % le risque de cancer du côlon et de 10 % celui de cancer du sein, indépendamment du sport pratiqué (OMS).
  • En France, une analyse prospective indique que chaque heure quotidienne supplémentaire passée assise augmente de 2 % le risque de cancer colorectal chez l’adulte (IARC, 2002).

Spécificités en Saône-et-Loire : facteurs aggravants et populations à risque

  • La population de Saône-et-Loire est plus âgée que la moyenne nationale (INSEE), or l’âge accroît la sensibilité aux effets délétères de la sédentarité.
  • Les zones rurales et semi-rurales, très présentes dans le département, entraînent souvent des déplacements motorisés, limitant la marche au quotidien.
  • Le travail du secteur tertiaire est en augmentation (+10 % entre 2005 et 2020), générant davantage de temps assis (Rapport DREES 2022).

Cette réalité est préoccupante alors que le taux d’incidence du cancer colorectal en Bourgogne reste supérieur à la moyenne nationale : 43,1 pour 100 000 habitants contre 38,2 en France (E-cancer France, 2023).

Connaître les recommandations officielles pour bouger plus

  • L’OMS recommande au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée par semaine pour les adultes.
  • Il ne s’agit pas uniquement de sport : toutes les occasions de bouger comptent : marche, jardinage, tâches ménagères dynamiques, vélo utilitaire…
  • Il ne suffit pas de faire du sport après une journée assise : il faut surtout casser régulièrement les périodes prolongées d’immobilité (se lever, marcher quelques minutes, s’étirer).

D’après l’Agence nationale de sécurité sanitaire, 35 % des Saône-et-Loiriens adultes accumulent plus de 7 heures d’assise par jour, un seuil associé à une surmortalité évitable pour plusieurs causes, dont les cancers cités.

Comment repérer et réduire la sédentarité ? Conseils pratiques au quotidien

Situation courante Astuce pour limiter l’assise
Travail de bureau ou devant l’ordinateur longtemps Se lever au moins 5 minutes toutes les heures, passer les appels debout, utiliser un bureau adapté ou un plan surélevé pour alterner positions.
En réunion ou en formation Marcher lors des discussions, proposer des pauses actives ou du stretching collectif.
Déplacements quotidiens Descendre un arrêt plus tôt, privilégier la marche ou le vélo pour de courts trajets (aller chercher le pain, les enfants à l’école, etc.).
  • En famille, instaurer le « quart d’heure mobilité » : une marche après le déjeuner ou avant le dîner, adaptée à tous les âges.
  • Utiliser des rappels (montre, téléphone) pour se lever régulièrement.
  • Éviter de cumuler loisirs sédentaires après une longue journée d’assise : privilégier les jeux actifs, les visites de quartiers, le jardinage, la danse…

Paroles d’experts et initiatives locales en Saône-et-Loire

Plusieurs professionnels de santé du département insistent sur la nécessité d’informer largement : « Souvent, les gens pensent que la sédentarité ne les concerne pas s’ils marchent un peu ou font du sport le week-end. Mais ce qui compte, c’est la durée d’immobilité quotidienne. » (Dr L. Henry, médecin généraliste à Montceau-les-Mines).

Différents projets locaux sont là pour accompagner le changement :

  • Programme « Bouger sur prescription » (CPAM/ASSA Santé) : parcours d’accompagnement à l’activité physique adaptée pour les patients à risque ou en rémission de cancer.
  • Randonnées-découverte intercommunales : des parcours adaptés sont régulièrement proposés par plusieurs mairies (exemples : Paray-le-Monial, Buxy, Mâcon), avec cartographie en ligne.
  • Défi « Zéro ascenseur pendant une semaine » dans les établissements publics : une action de sensibilisation qui a touché des centaines de Saône-et-Loiriens, à reproduire en entreprise ou en association.

La Maison Sport-Santé de Mâcon et le Réseau Onco-71 proposent aussi, sur orientation médicale, un accompagnement personnalisé après un diagnostic de cancer ou en prévention.

Petite synthèse et ressources clés pour aller plus loin

  • Comprendre que bouger, c’est d’abord lutter contre la maladie silencieuse qu’est la sédentarité.
  • Intégrer des pauses actives au quotidien limite de façon tangible le risque de cancer du sein et colorectal.
  • Chacun peut agir, même par petites étapes, et trouver localement un soutien à la reprise d’activité physique.

Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter : - inCa : la prévention des cancers par l’activité physique - Maison Sport-Santé de Mâcon - CPAM / Ameli : démarches d’activités physiques adaptées

Prendre conscience de l’impact de la sédentarité, c’est déjà un premier pas, parfois décisif, vers une meilleure santé pour toute la Saône-et-Loire.

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